Santé du sportif et certificat médical : le point avec le médecin

Avatar de Nicolas JOUANNO DANIEL
Nicolas JOUANNO DANIEL
@bynicolasjd ·

#Sport

Plusieurs d’entre vous ont répondu à l’enquête sur les licences de vélo. Quand la moitié d’entre vous sont non-licenciés mais annoncent vouloir prendre une licence, et que la suppression de la visite médicale pour la validation des licences est régulièrement évoquée, la question du suivi médical mérite qu’on s’y arrête.

Nous remercions le Dr Benoît Tanguy d’avoir pris le temps de répondre à quelques questions sur l’intérêt, pour la santé et la pratique sportive, du suivi médical — et plus précisément de cette visite annuelle.

— Quels points sont contrôlés lors de la visite médicale ?

Pour moi, le médecin « idéal » pour ce genre de visite est le médecin de famille, et elle doit se faire à son cabinet (pas entre deux portes ou à la salle de sport !). L’examen est surtout cardio-vasculaire ; un test d’adaptation à l’effort de type Ruffier peut être utile. On vérifie aussi les vaccins (25, 45, 65 ans).

— Les points sont-ils les mêmes pour les adultes et les enfants ?

Pour les enfants, on recherche l’absence de contre-indication (souffle cardiaque…), les vaccins et la croissance. J’insiste sur la non-« indication » de certains sports (la musculation sans surveillance avant 15–16 ans !)… et sur les conseils de sécurité (casque et gants à vélo), la protection contre le froid…

— Quels sont les risques de ne pas se plier au rituel annuel ?

Pas de grandes conséquences au niveau légal, sauf en compétition où un certificat de non contre-indication est demandé. Il est question de remplacer ce certificat, mais rien de précis pour l’instant.

— A-t-il un intérêt pour l’entraîneur et l’encadrement sportif ?

Pas tel qu’il est fait actuellement… Mais s’il y avait plus de médecins intéressés par le suivi et le contrôle de l’entraînement, ce serait différent. À mon avis, beaucoup de centres médico-sportifs n’apportent pas grand-chose aux entraîneurs et aux sportifs, à part des chiffres. Il faudrait que les médecins aient une formation ou une expérience de l’entraînement pour fournir des données précises. Mais un médecin ne peut connaître tous les sports : il faut savoir déléguer.

— Peut-il être amélioré ?

Oui, mais il faudrait une autre politique au niveau de la Jeunesse et Sports et des fédérations.

— Doit-il être supprimé ?

Non, car c’est un minimum. Le certificat d’aptitude avec ECG permettra peut-être de diminuer les accidents cardio-vasculaires, comme en Italie. À voir…

Crédits photo : Panoramic / sport24.lefigaro.fr

💬 Mentions & réactions

Si vous avez écrit une réponse ou mentionné cet article sur votre propre site, vous pouvez le poster ici via Webmention.

Chargement des réactions…