Hier, j’ai signalé, via les outils dédiés des plateformes, plusieurs prises de parole que j’estime relever de la désinformation :
- une publication de Laurent Wauquiez, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale
- une publication de François Lenglet, journaliste sur RTL
Ces contenus ont alimenté un véritable bad buzz autour de l’idée que la galette des rois sans gluten serait remboursée par la Sécurité sociale. Ils créent un amalgame entre :
- La maladie cœliaque — une maladie auto-immune reconnue
- La consommation de produits “sans gluten”, une catégorie alimentaire qui n’est pas spécifique à la maladie
Ce flou entretient encore davantage la confusion autour du régime sans gluten, déjà fragilisé par des discours non médicaux sur les réseaux sociaux.
L’information vs la rapidité
Ce qui me choque aujourd’hui, c’est qu’aucune grande rédaction nationale ne semble avoir repris le sujet avec précision, malgré son ampleur dans les réseaux. Ce qui entretient la confusion sur le sujet.
Lorsque l’on travaille dans l’information, vérifier ses sources et restituer fidèlement les faits n’est pas une option : c’est une obligation, même (et surtout) quand le temps manque.
Je ne remets pas en cause le travail des journalistes : la pression d’être le premier à publier, ou de générer des clics pour alimenter des revenus publicitaires, peut détourner de l’essentiel qui est de produire une information vérifiée et précise.
Le mythe du “montant du remboursement de la galette”
- Prix de la galette (330g): 18,95€ TTC
- Base de remboursement selon le LPPR: 3,81€
- Taux de remboursement Sécu sur la base de remboursement: 60%
- Résultat: 3,81€ x 60% = 2,29€
Le fabricant indiquant vouloir en vendre 3000 (source France Info). Cela représente un coût potentiel maximum pour la Sécurité sociale de 6 870€, en supposant que :
- tous les acheteurs soient des malades cœliaques
- tous ces malades soient reconnus en ALD
- tous ces acheteurs reconnus envoient leur demande de remboursement
Il est important de rappeler que la Sécurité sociale plafonne le remboursement des produits certifié sans gluten par mois :
“Pour un adulte, cette prise en charge est plafonnée à 45,73 euros par mois. Le plafond est de 33,54 euros pour un enfant de moins de 10 ans.”
À la question “quelles sont les alternatives à ce produit pour un malade cœliaque ?”, la réponse est : aucune. Qu’il ait 8 ou 78 ans, il ne peut pas non plus choisir entre frangipane, pomme ou autre garniture. Il a celle-là, ou la frustration de ne pas pouvoir participer à ce moment de partage.
Un angle trop rarement abordé
Plutôt que d’évoquer un “trou de la Sécurité sociale”, on pourrait pointer le véritable problème : l’offre industrielle.
➡️ Beaucoup de produits vendus en grande distribution portent la mention “peut contenir des traces de gluten”. Cette mention protège légalement les industriels, mais exclut de fait les personnes réellement cœliaques, qui doivent éviter toute trace, pas seulement la protéine elle-même.
Cela concerne :
- des épices
- des céréales du petit déjeuner
- des plats préparés
- même… des boulettes de viande
Pour illustrer concrètement, voici un article qui liste des produits où l’on ne s’attend pas à trouver du gluten, mais qui peuvent en contenir.
Une réalité rencontrée
Je suis adhérent de l’AFDIAG. Lors des réunions, je rencontre régulièrement des personnes qui, bien qu’elles suivent un régime sans gluten pour des raisons de santé, n’ont pas de diagnostic médical officiel. Elles n’ont donc pas accès au remboursement des aliments certifiés sans gluten.
Cela soulève une question importante : combien de personnes pourraient être diagnostiquées, mais ne le sont pas ? Et combien de familles se retrouvent sans soutien alors qu’une prise en charge existe pour les malades reconnus ?
Et maintenant ?
Il y a quelques semaine, j’ai créer un petit quizz qui permet de tester ses connaissances sur la présence de gluten dans les aliments. Prêt à relever le défi ?
Sources
Voici des sources fiables pour s’informer correctement sur la thématique abordée :